jeudi 22 novembre 2007
Fonctions publiques et régimes spéciaux : à propos des conflits de Novembre.
Par Fabrice DESCAMPS, jeudi 22 novembre 2007 à 19:55 :: Affaires sociales
Tous les gens raisonnables s'accordent pour dire qu'il faut aligner les régimes spéciaux de retraire, comme celui de la SNCF, sur le régime général en portant les durées de cotisation à 40 ans, comme c'est le cas pour le privé depuis 1992 et le public depuis 2003.
Rappelons que la caisse de retraite de la SNCF compte 430 000 cotisants pour 1 130 000 retraités.
C'est donc à la fois une question d'égalité entre Français et de survie pour les retraites par répartition.
Une question d'égalité, car on ne voit pas pourquoi un ouvrier du bâtiment, dont le métier est souvent éprouvant, cotiserait 40 ans tandis qu'un cheminot pourrait prendre sa retraite à 50 ans, puis cumuler cette retraite avec un autre emploi jusqu'à 60 ans.
Une question de survie car si l'on laisse dériver les déficits de nos caisses, nous devrons abandonner les retraites par répartition pour des retraites par capitalisation. Est-ce là ce que veulent les plus gauchistes des syndicalistes français?
Mais la pilule est d'autant plus amère que les cheminots ne roulent pas sur l'or, que le président Sarkozy a fait des cadeaux fiscaux indignes aux plus riches d'entre les Français et que son fameux "paquet fiscal" va coûter entre 10 et 15 milliards d'Euros à la France.
Les fonctionnaires non plus ne roulent pas sur l'or. Ceux de la catégorie C des trois Fonctions publiques (Etat, hospitaliers et territoriaux) touchent à peine plus que le SMIC en moyenne et voient leur paye très peu évoluer en cours de carrière.
Seulement voilà, au lieu de se consacrer au redressement des finances publiques et aux investissements massifs dont la France a besoin, notamment pour son université et sa recherche, M. Sarkozy a préféré honorer des promesses fiscales démagogiques. Qu'il veuille tenir ses promesses, c'est tant mieux, cela nous change des 10 ans de présidence de M. Chirac. Mais qu'il ait fait des promesses intenables pour la France, c'est cela qui révolte le MoDem.
Car si l'on veut augmenter le revenu des plus modestes des fonctionnaires, ce qui permettrait d'honorer partiellement une autre promesse du candidat Sarkozy, celle d'améliorer le pouvoir d'achat des Français, il faut préalablement favoriser l'innovation qui dopera la croissance et la croissance, à son tour, fera rentrer de l'argent dans les caisses de l'Etat. Mais ce n'est pas le chemin que nous fait prendre le gouvernement. Hélas!