Réveillez-vous, je crois qu’une réforme s’approche de nous !
Par Olivier DECROIX, vendredi 4 janvier 2008 à 08:32 :: General :: #6 :: rss

Dans le « désert des tartares » du système éducatif français, il y a de quoi donner du clairon. Depuis plus de 20 ans on n’avait pas aperçu l’ombre d’une vraie réforme. Certes, nos ministres appuyés par des pédago-idéologues essayaient d’occuper le terrain mais chaque fois, c’était la même pièce qu’on nous jouait, plus ou moins bien, avec lyrisme ou sur un ton tragique, celle de notre bon Shakespeare : « Beaucoup de bruit pour rien ». J’en étais arrivé à penser que le seul mouvement qui nous restait accessible, était de sauter sur sa chaise pour donner l’impression d’avancer. Eh bien non ! Pan sur mon bec, quelque chose se pointe à l’horizon. Xavier Darcos, sans bruits, sans commentaires superflus, va bouleverser les pratiques des écoles maternelles et élémentaires dès la rentrée scolaire 2008. Des millions de Français vont voir leur quotidien modifié. La demi journée de classe, le samedi ou le mercredi, selon la région où l’on vit, sera supprimée, les maîtres devant donner par contre, deux heures de soutien hebdomadaire aux élèves en difficultés. Mesdames et Messieurs, ça c’est de la réforme, de la vraie, à palper : des modifications importantes des pratiques professionnelles et une réelle possibilité de répondre à un véritable besoin social avec une chance d’y parvenir ; aider les enfants qui sont en échec. Les études récentes ont montré que tout ce qui a été mis en place pour eux depuis deux décennies n’a eu pratiquement aucun effet, pourquoi y croire cette fois? Cette mesure devrait recueillir la faveur des maîtres. Ils se soulagent d’une « pression classe » (croyez moi le mot « pression » est bien utilisé), pendant 3 heures au profit d’une tâche plus apaisée, en se consacrant à un très petit nombre d’enfants. Ceux-ci pourront retrouver confiance en améliorant leurs compétences et en ayant l’occasion d’installer une relation privilégiée avec leur enseignant. Les autres élèves en bénéficieront également car le fonctionnement habituel de la classe devrait s’en trouver apaisé. Leurs camarades, subissant moins les effets de « décrochages », pourraient être moins tentés d’adopter des comportements de défiance. Je vous épargne la liste des « oui, mais », nombreux sont ceux qui se sont spécialisés dans la posture, oubliant généralement la face noble de la critique, celle de la proposition crédible, ils la feront mieux que moi. Pour connaître assez bien le système de l’intérieur, j’ose dire que nous avons là une vraie réforme qui profitera aux enfants les plus fragiles et je ne peux que m’en réjouir. De là à faire un feu d’artifice, je m’en garderai bien, je mesure trop ce qu’il reste à accomplir pour être transporté d’allégresse et puis de mauvaises surprises sont toujours possibles, certaines précisions doivent encore être apportées. Notre système a besoin de nombreuses mesures intelligentes comme celle qui nous est proposée. Je me permettrai d’en avancer une : brisons la culture jacobine de l’Education Nationale qui oblige les regards à se tourner vers les hauteurs. Les ressources sont à la base, dans les bonnes pratiques des uns et des autres qu’il faut mutualiser. Libérons les enseignants de cette culture de la méfiance, incitons les à enrichir leurs pratiques par des échanges mutuels au niveau d’un territoire, c’est une nécessité pour assumer les défis que la société lance à l’école. Monsieur Darcos a réveillé nos envies d’y croire, que va-t-il en faire, et nous, que faisons nous ?
PS : Les conséquences de cette réforme pour les municipalités vont être considérables. Je reviendrai dans un autre article sur les enjeux locaux.
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